ISSAKA LINGANI : De la Géographie au Journalisme

« Il ne faut pas venir au journalisme parce qu’on a tout essayé sans que rien ne marche ».

Géographe de formation et Journaliste de profession, Issaka Lingani est notre premier invité du magazine. Directeur de publication du journal l’opinion et homme public de par sa profession, il nous reçoit pour un entretien sur son métier. Avec le sourire, il se prête aimablement au petit jeu des questions-réponses, et revient sur le parcours qu’il a effectué jusqu’à aujourd’hui.

Qui est Issaka LINGANI ?

je suis né le 27 janvier 1959 à Gaoua dans la province du Poni. Je suis journaliste de profession et Directeur de publication du journal « L’Opinion ». Je contribue aussi dans d’autres organes de presse et je suis également un analyste politique qui intervient sur certains plateaux télé pour donner ma lecture et mon opinion sur l’actualité nationale et internationale.

Quelle est votre formation de base et Comment êtes-vous arrivés en journalisme ?

J’ai étudié la géographie à l’université de Ouagadougou jusqu’en maitrise et je suis devenu journaliste par nécessité. Mais à dire vrai, j’avais bien avant cela un penchant pour ce métier. Au secondaire déjà nous avions une revue qui se nommait « Bapir », du mouvement Scoutà laquelle je contribuais par des écrits. J’ai aussi fait des écrits pour d’autres journaux avant de me retrouver en géographie. J’ai fait mon Service National de développement Populaire à l’époque en 1985.  Et dans le feu de la mobilisation, on a voulu des cadres politiques pour aider au niveau de la presse. C’est ainsi que j’ai souhaité aller faire le métier de journaliste à travers « Sidwaya » en 1986 pour un stage d’une année. Cette expérience a été probante et depuis lors je suis resté dans la profession bien que j’ai reçu une bourse pour aller poursuivre mes études en France.

Selon vous, en quoi consiste le métier de journalisme ?

Le journalisme est un métier très vaste. D’aucun ne dise que c’est lorsqu’on a tout raté qu’on l’exerce. C’est une façon de dévaloriser le métier mais paradoxalement de le valoriser également. Cela veut dire que tout le monde peut le faire pour peu que vous êtes consciencieux, et que vous acceptiez les règles du métier. Vous pouvez être un journaliste spécialisé dans une branche car le journalisme c’est d’abord une formation de base et après il y a une spécialisation. C’est un métier qui demande beaucoup de connaissances et il y a aussi les questions de déontologie et d’éthique qui sont très importantes dans ce métier qu’il faut pouvoir assimiler et enfin il y a les techniques de bases (ex : vérification de l’information, confrontation des sources). Il faut maitriser tout cela même si c’est vrai que de nos jours beaucoup vont vite en besogne et donc ne tiennent pas tellement compte des règles de base ; ce qui n’est pas une bonne chose.

Pour vous, quelles sont les qualités requises pour exercer dans ce domaine ?

Pour ma part la première qualité requise est d’être un bon travailleur. Ensuite il faut accepter que si vous souhaitez être riche, avoir le « Gombo dur » (beaucoup d’argent),vous ne devez pas aspirer à ce métier. Le journalisme c’est d’abord le travail, il faut chercher l’information, la traiter et se mettre à la disposition des gens pour que ce soit bien fait. Il n’y a pas d’argent dans ce métier. Si vous voulez vous faire de l’argent vous allez perdre votre éthique parce que vous allez écrire pour plaire à certaines personnes. Enfin il faut de la passion. De la passion pour faire un travail efficace. Il faut aimer le métier de journalisme.

Quelles perspectives d’avenir pour ce métier, d’après vous ?

On dit que le journalisme est le métier qui mène à tout, l’essentiel c’est de pouvoir en sortir. Ce métier mène à une carrière de journaliste accompli et reconnu. Vous devenez une référence dans le métier par la qualité de votre travail. Vous pouvez et vous devez gravir les échelons du métier (stagiaire, journaliste, chef de desk, chef de rubrique, rédacteur en chef, directeur de publication, etc.) et même avoir votre propre journal. Quand on en sort, on peut être ministre et même président pourquoi pas ? Malheureusement on peut mal en sortir également c’est-à-dire prisonnier ou même assassiné. La palette de possibilité est très grande. Je souhaite à toute personne qui souhaiterait exercer ce métier d’en sortir auréolé de gloire à l’intérieur du métier et d’être utile à la communauté, à la nation et même au monde.

Avez-vous des conseils à donner aux jeunes qui souhaitent emprunter le même chemin que vous ?

Le conseil que je peux donner c’est de vraiment aimer le métier. Il ne faut pas venir au journalisme parce qu’on a tout essayé sans que rien ne marche. Même si c’est le cas, il faut se dire que c’est un métier qui est sérieux, qui nourrit son homme et qui permet de vivre dignement tout en se faisant une place dans la société. Il faut juste accepter d’apprendre. Pour moi, le meilleur apprentissage ce n’est pas sur les bancs mais sur le terrain. Il faut aimer et il faut accepter apprendre ; et quand on apprend c’est pour mettre en pratique. Il faut être patient pour faire un bon travail. N’oublions pas que ceux qui nous lisent croient en nous. A cet effet, le journaliste doit d’abord croire en lui-même. Pour terminer je reviens sur la question du « Gombo ». C’est vrai que l’on ne vit pas seulement d’eau fraîche mais, il ne faut pas mettre l’argent au-devant de toute chose. Ce n’est qu’à travers cela qu’on peut réussir.

Armelle PARE / SANOU

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